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Témoignage

Qui je suis …si je ne suis pas « moi » ?

Le « black out » de la personnalité.

Dans cet article, je vais te parler d’acteurs, de rôles, un peu de Rachel Green, et surtout du désir de plaire qui est confondu avec l’amour.

De ce qui peut se passer quand la vie nous empêche de jouer des rôles, pour n’être plus que SOI.

Les rôles de ma vie

Toute ma vie je me suis laissée enfermée dans des rôles :

  • la petite fille sage et timide,
  • la fille de…
  • la native du village de…
  • l’intello,
  • la lectrice assidue,
  • la danseuse…

Et puis plus tard quand je suis partie sur le continent, c’était « la corse ».
Et puis encore après :

  • l’orthophoniste,
  • la copine de…
  • la maman de…
  • en passant dernièrement par la guide, la coach…

Confondre l’actrice et le rôle

Suis-je l’actrice de ma vie ?

Le problème est que l’on confond souvent ce qui constitue notre personnalité (j’entends « personnalité » au sens large, incluant nos rôles sociaux) avec QUI NOUS SOMMES, au delà de ces traits et rôles humains.

C’est comme si Jennifer Aniston croyait qu’elle était Rachel Green (bon, j’avoue que j’aurais pu faire mieux comme référence cinématographique ou télévisuelle, mais je suis une fan inconditionnelle de « Friends« , tu l’auras compris !)

L’enfermement dans le rôle

Cette confusion nous amène à répéter des comportements, des gestes, des réactions et même des activités, en lien avec cette identité factice, sans nous demander si cela nous fait envie ou pas.

D’ailleurs, c’est ce que j’observe chez certains acteurs qui ont réussi. Ils sont tellement imprégnés de leur statut d’acteur, qu’ils jouent un rôle en permanence quand ils sont devant une caméra.

Je suis acteur.rice, alors je dois toujours jouer la comédie, faire rire…

Je suis orthophoniste, alors « je dois correctement m’exprimer, toujours ».

Je suis maman, alors « je dois tout le temps m’occuper de mes enfants (et ne rien faire d’autre »

Est-ce que tu vois où je veux en venir ?

C’est l’enfermement assuré !

L’anéantissement

Quand je change de rôle

Je me souviens avoir choqué plusieurs personnes, quand j’ai démissionné de mon poste d’orthophoniste.

Parce que ma démission a été soudaine.

Mais aussi, il m’a été exprimé un « c’est dommage ! » comme si tout à coup, je n’allais plus exister dans ce monde, dans leur monde où, pour eux … j’étais l’orthophoniste.

Effectivement, j’ai subi le contre-coup de cette perte d’identité.
J’avoue que mon monde s’est écroulé, même si c’était un choix, et même si je ne prenais plus de joie à exercer ce métier.

Mais alors, pourquoi restons-nous accrochés à ces rôles ?

Le besoin d’amour et de sécurité

Comme je t’ai expliqué, le rôle renvoie à des comportements, des habitudes.

Ainsi, je fais… ce que je sais faire, je fais… comme j’ai l’habitude de faire, ce qui permet de ne pas trop bouleverser mon monde, de rester dans ma zone de confort et de sécurité.

Ça se joue entre moi et moi.

Mais pas que.

Cette histoire parle aussi de moi, au travers du regard des autres.

Je fais, ce que les autres attendent de moi.

Et je répète toujours le même scénario.

Celui où, quand j’étais enfant, j’ai FAIT, pour PLAIRE.

Celui où, parfois, je n’ai RIEN FAIT, pour ne pas DÉPLAIRE.

Car déplaire, quand on est enfant, c’est prendre le risque de perdre l’affection, et donc la vie.

Puis, nous grandissons, mais nous oublions que nous ne sommes plus des enfants.
Alors, nous continuons à vouloir plaire.

Par peur.

Cette peur, elle s’appelle REJET.

Si je ne joue plus de rôles va-t’on m’aimer ?
Si je suis naturel.le, va-t’on m’aimer ?
Si JE SUIS ce que JE SUIS va-t’on m’aimer ?

Mais alors, qui JE SUIS?

Au lieu de tenter de répondre à cette question, je choisis de te partager un texte publié sur Instagram, où j’ai essayé de poser des mots sur une expérience vécue :

Je me sens perdue,
sans repères.

Je ne sais plus ce que je veux.
Je ne sais plus qui je suis.
Je ne contrôle plus rien.
En fait je ne contrôle JAMAIS RIEN.

Mais mon mental me fait croire que oui, sauf ….
quand c’est le black out TOTAL.

C’est ce qui s’est passé pour moi, récemment : le black out.

Je n’avais jamais vécu ça : mon mental OFF, ma personnalité OFF. Complètement.

Je me suis sentie mise à nue.

Dépouillée de tout : de mes histoires à la noix que je me raconte, de mes fioritures, …
De tout ce qui rend la vie humaine complexe, figée, insécure…

A nue, on frôle la faiblesse et la force à la fois.

A nue, on n’a plus rien à cacher.

C’est déroutant.


Que me reste-t-il à faire, face à ce dénuement ?

………..

M’aimer dans la pureté de mon être.

……….

Expérience de ouf que j’ai vécue,

quand même !

Viens me dire en commentaires que tu as ressenti à la lecture de cet article.

Ghislaine.

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